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Ungersheim : un petit village pour une grande transition

Ungersheim : un petit village pour une grande transition

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jeu. 5 octobre 2017

Il y a à peine un an, le film documentaire de Marie-Monique Robin « Qu’est-ce qu’on attend ? » sortait sur grand écran et mettait à l’honneur le petit village alsacien d’Ungersheim. Avec ses quelques 2 600 habitants, la commune est un exemple en terme de transition écologique, et c’est son maire, Jean-Claude Mensch, réélu depuis 29 ans, qui est l’instigateur de ce changement. Néanmoins, si les élus sont les initiateurs, il est fondamental pour M. Mensch que les habitants s’approprient les projets. Ainsi, la démocratie participative est une des pierres angulaires de la transition : chacun peut s’exprimer et participer au développement collectif de la commune au travers de commissions participatives, de chantiers citoyens, etc.

L’objectif de la mairie d’Ungersheim est d’amorcer la transition afin d’évoluer vers une économie plus respectueuse de l’environnement et plus solidaire. Ainsi, la commune a développé le programme « 21 actions pour le XXIème siècle » qui répond à trois grands enjeux : l’autonomie intellectuelle, l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire.

L’autonomie intellectuelle

Démocratie participative, atlas local de la biodiversité, labels territoire de commerce équitable et citoyens du monde, la commune d’Ungersheim sort des sentiers battus en se préparant à un « futur renouvelable ». L’enjeu de ces initiatives est de sensibiliser les habitants à la nécessité de protéger les écosystèmes, mais aussi de prendre en compte la dimension mondiale de la transition.La mairie a également mis en place une monnaie complémentaire, « Le Radis », afin de redynamiser l’économie locale et de créer de l’épargne solidaire au sein de la commune. Ainsi, l’objectif de toutes ces mesures est de favoriser le développement des initiatives économiques et sociales en faveur du respect des êtres humains et de leur environnement.

L’autonomie énergétique

En 2009, afin de réaliser des économies, la mairie fait installer des panneaux solaires sur le toit de la piscine municipale. Ce premier pas vers la transition énergétique est suivi de près par l’installation de panneaux solaires sur les toits du groupe scolaire, du dojo et du club house du stade. Le projet prend ensuite une autre envergure quand, en 2012, un parc photovoltaïque de 4 hectares est érigé aux abords d’Ungersheim. L’énergie qui y est produite fournit en électricité 10 000 habitants et les bâtiments supportant les panneaux solaires sont destinés à accueillir une pépinière d’entreprise, créant ainsi de l’emploi autour de la commune.

La mairie a également investi dans deux chevaux utilitaires qui servent notamment pour le transport scolaire et dans un véhicule électrique pour les employés communaux. L’entretien des espaces intérieurs et extérieurs publics se fait, depuis 2006, avec des produits naturels, sans pesticides ou produits issus de la pétrochimie.

Enfin, un éco-hameau de huit appartements, pour le moment, a été construit sur l’ancien domaine d’un industriel suisse, racheté par la commune et revendu à des familles souhaitant s’investir dans la construction de logements « passifs ».

L’autonomie alimentaire

La cantine scolaire 100% bio, même au goûter, était l’une des premières volontés du maire d’Ungersheim. Depuis 2009 c’est devenu une réalité. La commune a également mis en place la même année une exploitation maraîchère bio, « Les Jardins du Trèfle Rouge », labellisée chantier d’insertion. Cette exploitation de 8 hectares fournit la cantine en fruits et légumes et distribue environ 250 paniers par semaine en circuit court. Le dernier projet en cours à Ungersheim est la construction d’une « Maison des natures et des cultures » qui a pour vocation d’accueillir l’activité maraîchère ainsi que les locaux de la légumerie/conserverie qui transforme le surplus récolté. L’ensemble de la ferme est conçue en matériaux écologiques et deviendra aussi un centre pédagogique. 

Ungersheim est un modèle de transition en Alsace. Pour Jean-Claude Mensch, chaque investissement, aussi coûteux soit-il, est une externalité positive puisqu’il permet à long terme de faire des économies aussi bien financières qu’environnementales. Depuis 2011, 110 emplois ont été créés, la commune rejette 600 tonnes de gaz à effet de serre de moins par an et 120 000 € sont économisés chaque année. Et l’aventure ne s’arrête pas là, l’éco-hameau a vocation à être agrandi et une épicerie biologique zéro déchet où les produits de l’exploitation maraîchère et de la légumerie/conserverie seront notamment vendus, va bientôt ouvrir ses portes.