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De quel bois je me chauffe ?!

De quel bois je me chauffe ?! - France

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DRYADE

L'association Dryade, montée en 2011 dans le région de Crest, dans la Drôme, s'inspire du travail que fait le Réseau des Alternatives Forestières qui met en lien des personnes agissant pour une gestion forestière douce et la valorisant dans tous ses aspects.

Pour appliquer une expérience concrète issues des réflexions du RAF, Pascale Laussel monte l’association Dryade pour expérimenter localement des actions innovantes en mettant en lien et en accompagnant les acteurs drômois soucieux de la gestion forestière, et plus particulièrement en se concentrant sur la création d’un nouveau modèle d’organisation de type AMAP bois. Or plusieurs acteurs locaux sont sensibles aux enjeux environnementaux et réfléchissent à des modèles alternatifs (coopérative citoyenne pour l’autonomie en bois de chauffage, citoyens à la recherche de bois bûche sans coupe rase…).

LE PROJET: UNE AMAP BOIS BUCHE

L'association Dryade veut expérimenter localement un nouveau modèle d'organisation de type AMAP bois grâce à la mise en lien et l'accompagnement des acteurs drômois soucieux de la gestion forestière. Il s'agira de mettre en place une gestion « douce » de la forêt grâce à une approche sélective, permettant d'extraire du bois tout en laissant la forêt sur pied (éviter les coupes rases).

Au-delà des difficultés opérationnelles - développer une base de consommateurs, trouver des parcelles de forêt et des propriétaires, impliquer un professionnel de l'exploitation désireux de travailler de manière « douce »- la plus importante, l'enjeu du projet, est de trouver un modèle d'organisation et de répartition des ressources entre les consommateurs, les propriétaires et les exploitants forestiers qui soit fiable et satisfaisant.

Galerie Photo

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Localisation

L'association est basée à Crest, dans la Drôme.

Contexte

Les risques pour l’environnement et le monde rural sont particulièrement forts dans les régions méridionales et dans la Drôme. Si l’exploitation et la mobilisation de la ressource bois dans une logique de développement durable sont avancées, on met moins en avant les éléments clés de la durabilité effective de la filière.

Parmi eux, on peut citer :

  • le mode de gestion sylvicole qui est fondamental pour le paysage, la biodiversité, la qualité des sols, l’eau et la valorisation à long terme.

  • la transmission des savoir-faire en foresterie et en transformation qui permet de pérenniser la diversité des usages et l’autonomie locale des acteurs.

  • la création de liens, et d’échange des acteurs de la forêt et du bois qui garantit la transparence, tout en sensibilisant les acteurs variés aux différents aspects de la forêt, conduisant à une gestion participative de ce milieu.

Dans la Drôme, la valeur du bois sur pied est généralement faible. Les débouchés sont le bois de chauffage et la trituration (pâte à papier). Ainsi les propriétaires n’investissent pas dans une gestion qui favoriserait la valeur d’avenir de la forêt. Les exploitants, qui peinent à trouver du bois et connaissent des conditions économiques difficiles, s’engagent dans des recherches d’économie d’échelle qui se traduisent souvent par une gestion en « tout ou rien » (abandon ou coupe rase). Par conséquent, les propriétaires, attachés à leurs forêts et ne souhaitant pas de coupe rase ne préfèrent rien y faire. Ainsi, paradoxalement, malgré une ressource importante, le Drôme importe la majorité de son bois de chauffage, et la demande ne cesse d’augmenter.

Une exploitation plus « douce » de la forêt grâce à une approche sélective, permettrait d’extraire du bois, tout en laissant la forêt sur pied, utilisable pour les loisirs et pour la chasse, et avec une valeur d’avenir nettement accrue. Pour cela, il faut sensibiliser les propriétaires à cette alternative, transmettre aux exploitants les techniques spécifiques de la gestion sélective, tester un modèle économique et organisationnel permettant de rémunérer ce travail de qualité en impliquant les consommateurs dans cette recherche de cohérence. Cette possibilité de développer une gestion et exploitation « douce » de la forêt ouvre la voie d’une meilleure reconnaissance du métier de bûcheron, métier dangereux et difficile qui a perdu beaucoup de ses effectifs et de ses savoir-faire.

Objectifs du projet

Les principaux objectifs sont :

  • Sensibiliser les utilisateurs de bois énergie et les propriétaires forestiers à la gestion forestière durable

  • Tester la viabilité économique d’un modèle d’exploitation forestière écologique pour le bois bûche

  • Initier une réponse collective et territoriale aux enjeux forêt - bois énergie

Résultats attendus et activités

Les actions prévues sont les suivantes :

Initier et animer des structures de type AMAP bois réunissant propriétaires forestiers, exploitants et consommateurs.

  • Accompagner le développement de l’association « les Bonnes Energies » sur le secteur du Diois, qui travaille sur la création d’une coopérative citoyenne pour l’énergie (bois bûche puis bois déchiqueté, puis des services à la personne, puis d’autres énergies…). Les objectifs en sont l’autonomie énergétique, la valorisation des forêts du Diois, la coopération au sein de la filière bois énergie. Ce collectif a étudié la faisabilité d’un projet bois bûche de type AMAP et développe ses activités. Depuis novembre 2010, Dryade accompagne « les Bonnes Energies » sur les aspects de communication et développement, de gestion forestière écologique, d’organisation de chantier, de liaison avec les acteurs professionnels.

  • Initier et animer une dynamique sur le Crestois : une dynamique du même type AMAP bois, a été initiée en février 2011 par Dryade dans le secteur de Crest pour viser l’autonomie en bois énergie, la recherche d’alternatives à la coupe rase et la sensibilisation aux enjeux territoriaux. Dryade anime cette construction collective et porte le projet dans un premier temps. Un premier groupe s’est réuni pour commencer la construction collective. Il va ensuite s’agir de constituer un collectif plus large pour inventer un modèle d’organisation, de trouver une parcelle test, de réunir les premiers consommateurs, d’effectuer une première coupe et d’en faire le bilan.

  • Mettre en place une formation « reconversion à la gestion douce » : les AMAP lancées, il sera nécessaire de travailler avec des bûcherons capables de valoriser effectivement les forêts, tout en trouvant l’équilibre financier. Si ces forestiers ne connaissent pas ces techniques, une formation courte et de terrain pourrait être amorcée, en lien avec le Réseau des Alternatives Forestières et portée par l’ARDEAR Rhône-Alpes.

  • Confronter les expériences, capitaliser, pérenniser. En effet, d’autres associations agissent en France dans une direction similaire, il s’agit de monter un travail de réseau et d’échanger sur les expériences.

Organiser des rencontres-débats autour du bois énergie, de la gestion forestière et de l’implication citoyenne.

Parties prenantes

  • Les usagers : les deux AMAP devraient, à terme, représenter une centaine de foyers chacune. À l’heure actuelle, une trentaine de personnes sont impliquées et plusieurs milliers touchées par voie de presse.

  • Les partie prenantes sont les consommateurs de bois-bûche, des propriétaires forestiers, des riverains, des amoureux du paysage, un centre de formation forestière.

  • Les rencontres permettront de toucher un public plus large : citoyens investis dans des questions forestières, personnes intéressées par la ressource bois (énergie ou construction) ou les actions citoyennes.

  • L’association Dryade : Pascale Laussel accompagnera le développement du Réseau des Bonnes Energies et l’animation de l’AMAP dans le Crestois, organisera le développement des rencontres, effectuera la coordination entre tous les acteurs et partenaires, produira les documents de sensibilisation et s’occupera des relations media. Elle sera assistée de cinq personnes, chacune spécialisée dans la biodiversité, la forêt ou l’accompagnement de projet.

Financement

La fondation Terra Symbiosis a financé le projet à hauteur de 18 000 € entre 2012 et 2015.

Pour participer aux projets

Pour soutenir l'action de la fondation Terra Symbiosis, vous pouvez faire un don par courrier et par chèque :

1. Télécharger le formulaire de don.

2. Renvoyer le formulaire accompagné de votre règlement (chèque) par courrier à :

FONDATION TERRA SYMBIOSIS
4 rue Wencker
67000 Strasbourg