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Le jardin de Canop’Terre, une œuvre d’art grandeur nature

Le jardin de Canop’Terre, une œuvre d’art grandeur nature

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mar. 5 septembre 2017

Association : Canop'Terre

C’est par une chaude après-midi d’août que nous découvrons le jardin de Canop’Terre. Caché derrière le lycée agricole d’Erstein, près de Strasbourg, ce centre de formation en agroécologie et permaculture est un véritable havre de paix et de nature. Dès notre arrivée, nous sommes émerveillées par la beauté du lieu : un demi-cercle de 12 mètres de diamètre, où légumes et fleurs poussent en harmonie, s’étale face nous. A gauche, un épouvantail arborant fièrement son chapeau veille sur le jardin des enfants, et à droite, des serres abritent délices sucrés et salés.

C’est au milieu de ce paradis que nous rencontrons Olivier Lavaud. Au hasard d’une rencontre, lors d’une formation en agroécologie chez Pierre Rabhi, l’idée d’installer une antenne Terre et Humanisme en Alsace germe entre Olivier et Loïc Etienne, deux passionnés d’agroécologie. Pour eux, c’est le début de l’aventure. Ils fondent en 2015 l’association Canop’Terre, et, un an plus tard, en mars 2016, ils récupèrent un terrain d’un demi hectare à Erstein. Cultivé pendant plus de vingt ans en monoculture de maïs, puis laissé en jachère par le lycée agricole d’Obernai deux années durant, ce terrain était presque revenu à l’état sauvage, laissant libre cours à l’imagination d’Olivier et Loïc pour créer leur jardin idéal. Inspirés par l’agroécologie et le design de permaculture, ils pensent et imaginent un jardin sur mesure alliant rotation des cultures, associations de plantes, respect du sol et présence de biodiversité.

S’initier à la nature : des stages pour petits et grands

Avec l’aide de deux autres formateurs, Olivier et Loïc proposent des stages en agroécologie et permaculture. Principalement à destination des adultes, Canop’Terre accueille aussi bien des particuliers en quête d’un savoir-faire écologique pour leur jardin, que des professionnels, souvent en reconversion en maraîchage ou horticulture. Olivier nous explique que l’objectif des formations n’est pas d’instaurer une « doctrine type » applicable partout et tout le temps, mais de donner aux stagiaires les clés pour comprendre les différents éléments qui composent le jardin – le sol, les plantes, le temps, les animaux, etc. – d’acquérir des méthodes et de savoir les utiliser au bon moment.

Olivier organise également des ateliers avec les écoles ou les crèches afin d’initier les enfants à la nature. C’est d’ailleurs le jardin pour enfants qui a été mis en place en premier. Des bacs en bois ont été installé afin de recréer un sol plus meuble et donc plus facile à travailler avec les enfants. Les bacs ont été construits sous formes géométriques – triangle, cercle, carré, hexagone, etc. – afin d’éveiller un intérêt particulier chez les enfants et de créer une dynamique d’apprentissage. Ici, tous les sens sont en éveil : on travaille la vue et la mémoire en tentant de reconnaître les différentes plantes à l’œil nu, on émoustille son nez grâce à l’odeur enivrante de fleurs et d’herbe coupée, les oreilles se reposent au doux son du bourdonnement des insectes qui virevoltent, et les petits chanceux pourront même goûter une fraise ou une tomate juteuse au fil de leurs découvertes. En 2017, à l’initiative d’un groupe d’étudiantes en BTS « Développement et animation des territoires ruraux », Canop’Terre a inauguré un sentier pieds-nus et sensoriel. Presque entièrement financé par les étudiantes qui ont réalisé des partenariats, le sentier est ouvert à tous et fait le bonheur des enfants et des adultes.

Un Walipini pour un jardin autonome ?

Au détour des serres abritant plus de 54 variétés de tomates, nous découvrons un drôle d’édifice. Dans un trou creusé à 1,20 mètre de profondeur, des poutres de bois sont assemblées les unes aux autres. Méthode utilisée depuis la nuit des temps par les peuples d’Amériques du Sud, cette serre semi-enterrée, aussi appelée Walipini, permet de cultiver des légumes toute l’année. En effet, la serre capte deux sources de chaleur : celle du sol en l’enterrant à quelques mètres de profondeur et celle du soleil grâce à l’inclinaison et à l’orientation du toit, qui ont été calculées afin de recevoir la chaleur du soleil toute l’année. Cette serre deviendra une pépinière dont les semis réalisés en hiver seront ensuite replantés au printemps dans le jardin. 

Canop’Terre a également installé une cuve reliée au réseau de gouttière du lycée d’Erstein. Installée en juillet 2016, cette cuve de 15 000 litres est la seule source d’eau du terrain, mais sans réseau d’irrigation, c’est Olivier qui arrose tout le jardin, équipé seulement de ses deux arrosoirs et de la force de ses mains. Face à ce travail titanesque, en constante augmentation, Canop’Terre a lancé en juillet 2017 un crowdfunding afin de financer l’installation d’une pompe solaire et d’un réseau de distribution de l’eau. Leur objectif a été atteint et avec les fonds récoltés ils vont pouvoir lancer la mise en place de la pompe.

Malgré quelques obstacles, Olivier ne perd pas sa motivation et il travaille d’arrache-pied pour faire évoluer l’association. L’entretien du jardin, la vente des légumes, l’organisation des stages, toutes ces activités prennent du temps et il travaille aujourd’hui sur une nouvelle dynamique d’organisation afin de fédérer plus encore les bénévoles autour de l’association. C’est la passion et l’envie de la communiquer qui mène Olivier au bout de son projet. Véritable œuvre d’art grandeur nature, le jardin de Canop’Terre, verdoyant et fleuri, a de belles années devant lui ! 

Galerie Photo

Le jardin de Canop
Le jardin des enfants
Un demi-cercle de 12 mètres de diamètre, où poussent légumes et fleurs
Le walipini, serre semi-enterrée